ELLES SONT DE RETOUR

La féminité s’invite dans le monde de l’Ovalie.
Elles sont de retour!
Absentes ces dernières années, ces dames réapparaissent enfin dans l’organigramme muretain. De tous âges, de niveaux techniques et physiques divers, une chose les réunit néanmoins: l’affection qu’elles ont pour ce sport, et pour les valeurs que celui-ci véhicule.
Personne ne les incarne mieux qu’elles, dans une discipline où le machisme est pourtant monnaie courante.
Malgré l’heure tardive de leur entraînement, les responsabilités qui sont les leurs; de mères pour certaines, de femmes ou d’étudiantes pour d’autres; elles se réunissent tous les vendredi autour d’un même désir: jouer ensemble et prendre du plaisir!
Elles sont surtout le symbole d’une époque au cours de laquelle se développe progressivement le sport féminin, aussi bien à l’échelle professionnelle qu’à l’échelle du sport amateur.
A l’occasion de ce début de saison, j’ai eu l’honneur de rencontrer l’une de celles que l’on nomme désormais les « Mureines », qui seront espérons le un jour les Reines de Muret.
Laetitia.G se confie sur l’atmosphère de ses entraînements, sur les valeurs du rugby auxquelles elle adhère, et sur le regard qu’elle porte à l’égard du développement actuel du sport féminin.
Dans quel état d’esprit vos entraînements se déroulent-ils exactement?

– Nous nous sommes données comme principal mot d’ordre de nous amuser. En conséquence, les entraînements se déroulent dans la bonne humeur. Les filles s’entendent bien et font preuve d’une belle motivation. Nous sommes d’horizons et d’âges différents; alors afin de nous découvrir et de souder l’équipe, nous organisons régulièrement des repas à la suite de nos entraînements. Les entraînements sont chaleureux, et les plus petits, eux aussi licenciés à l’école de rugby, accompagnent leur parents, joueuses ou entraîneurs.

Sur quels aspects du jeu sont-ils orientés? Quels types d’exercices vous sont proposés?

-les entraînements se déroulent en trois temps: une partie physique, à l’occasion de l’échauffement (qui comprend des exercices de renforcement musculaire; gainage, abdos, pompes et squat)et une partie technique par le biais d’ateliers de passes, de plaquage et de défense. Puis l’entraînement s’achève par une demie heure d’opposition, ce qui nous permet de nous habituer aux conditions d’un match tout en terminant sur une note ludique.

Dans quelle valeur du rugby vous retrouvez vous le plus? Ces valeurs sont-elles selon vous des valeurs utiles au quotidien?

-Selon moi les valeurs du rugby sont notamment la solidarité, le travail en équipe, le respect des partenaires et entraîneurs, la discipline sur le terrain (comportementale et tactique)…Ces valeurs me semblent importantes et utiles dans tous les aspects de la vie quotidienne (professionnels autant que privés).

Le rugby est-il pour vous un simple loisir, ou un moyen d’émancipation?

-Cela reste avant tout un loisir pour moi. J’ai toujours aimé assister à des matchs en famille au stade, en bonne toulousaine que je suis (rire). Je trouve par ailleurs cela intéressant de voir des filles s’impliquer et s’épanouir dans un sport où l’on ne les attendait pas nécessairement, le rugby étant traditionnellement un sport d’hommes. Je comprends donc que cela soit pour certaines un réel moyen d’émancipation.

Ressentez vous de la part de vos coachs une considération différente par rapport aux hommes?

-Pour ma part, je ne pense pas qu’ils aient, à proprement parler, une approche très différente à notre égard (par rapport aux hommes), même s’ils sont obligés de s’adapter à nos différents niveaux de jeu. J’espère en tout cas qu’entraîner les filles est pour eux aussi plaisant qu’entraîner nos homologues masculins (sourire).

Quel regard portez-vous sur le développement contemporain du sport féminin?

-Ce développement actuel du sport féminin est la preuve que les filles osent aujourd’hui s’investir dans des disciplines traditionnellement masculines. Ce phénomène devient même une mode commune dans nombre de sports (autres que les traditionnels tennis, ski, natation, athlétisme…), attirant des profils, d’âge et de conditions physiques, très divers. A cet égard, je trouve très positif que les clubs, tant amateurs que professionnels, acceptent le « risque » d’accompagner ces filles, parfois même jusqu’à des compétitions internationales (rugby à 7 féminin, coupe du monde de rugby et de foot, jeux olympiques…)

Comment se passe, d’un point de vue personnel, votre début de saison? Quelles ambitions pour la suite nourrissez-vous?

-J’ai fait partie de la première section féminine ayant été créée à Muret (en 2009), et je suis très heureuse d’être de retour avec cette nouvelle équipe. Par ailleurs, j’ai également intégré l’équipe de rugby universitaire dans le cadre de mes études, ce qui me confère une plus grande expérience par rapport à certaines de mes coéquipières qui débutent. Toutefois, bien que je sois habituée aux exigences physiques de ce sport, trois mois d’été sont passés par là (rires fournis). La reprise fut donc tout de même difficile (sourire).
Au regard de nos rapides progrès, et de notre esprit de compétitrices, nous participerons peut-être à quelques compétitions d’ici la fin de la saison. A ces occasions, j’espère que nous représenterons dignement (et fièrement) les couleurs et valeurs de notre club, le RC Muretain bien sûr! Je nourris l’espoir que cette nouvelle équipe s’inscrive durablement dans l’histoire de notre club.

Je remercie Letitia.G pour sa contribution à cet article et m’associe aux dirigeants du club pour souhaiter à nos « Mureines » une belle et prolifique saison.

Pierre Siguié
RCM